mercredi 13 avril 2016

Double JE

 
 
 « Ce projet en collaboration avec un artiste contemporain était
pour moi l’occasion de sortir des codes et des usages de la
restauration de meubles du XVIIIe siècle. J’ai eu une véritable
liberté dans le choix des matériaux, ce qui est très exaltant et malheureusement trop rare. »
 
 Marie-Hélène Poisson
 
 
 
 
 
 
 
 
 
au Palais de Tokyo
 

"La marqueterie est composée de plus de vingt matières différentes. Les murs de la pièce sont en plaquages de platanes appliqués dans le fil du bois pour accentuer l'effet de hauteur. La fente dans le mur est en écaille de tortue de race Caret, (rehaussée sur son parement de blanc). Sur le côté droit du mur plusieurs bandes de bois (Balsa, Cerisier, Frêne) se juxtaposent.

J'ai aussi utilisé une bande de verre dépoli légèrement peint en blanc et craquelé, pour apporter de la luminosité, et laisser ainsi supposer la présence d'une fenêtre. Le petit fauteuil est en écaille de tortue Caret teinte en rouge. Les pieds du fauteuil ainsi que les accoudoirs sont en palissandre de Rio. Le dessous du fauteuil est bordé de poirier teint en gris incrusté de galuchat. Le grand fauteuil, au premier plan , lui, est en corne de bœuf peinte en vert. De la toile de jute a été insérée au niveau de l'assise.
Le pied du fauteuil est en bois de Padouk. La table est en palissandre des Indes plaquée à l'horizontale, afin de trancher davantage avec les placages de bois utilisés pour le mur. Pour les roulettes des pieds de la table, j'ai utilisé du bois de poirier noir incrusté de cuivre. Sur le plateau de la table sont posés des livres en os, et en poirier teint en bleu et en noir. À côté des livres se trouve un coquillage en nacre gravée, la gravure apporte du relief. La base du globe est en laiton poli, légèrement usé. La sphère est en étain et les plinthes sont en bouleau vieilli.
 Le sol est en os de bœuf et ébène de Madagascar. Dans le sol sont incrustés deux débris que j'ai réalisés à partir de blanc de Meudon mélangé à de la colle de peau. "